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Antoine Baehr, pionnier du futur vignoble de la Vinadie

Dernière mise à jour : 18 déc. 2021

Investi dans le projet de la SCIC La Vinadie dès sa création, Antoine Baehr est le premier vigneron indépendant à planter de la vigne pour la SCIC la Vinadie. Un projet longuement mûri qu’il mène avec autant de passion que d’humilité.



Antoine Baehr

Antoine Baehr est un homme heureux. Voici plusieurs années qu’il en rêvait : le voici enfin au milieu de sa vigne. Son sourire illumine la belle parcelle de 60 ares, où la vigne s’épanouit déjà malgré deux épisodes caniculaires. Mi-août, il écimait déjà sa vigne pour éviter qu’elle ne touche le sol !

« Souvent les gens s’arrêtent pour me demander des renseignements. Ils sont tellement surpris de voir de la vigne par ici… ». Le nom de la commune, Reyrevignes, en témoigne : ici le vin était l’une des principales productions agricoles jusqu’à l’arrivée du phylloxéra, à la fin du 19e siècle. Le retour de la vigne est donc forcément un événement qui provoque de nombreuses réactions !



Issu d’une famille d’éleveurs, Antoine Baehr cherchait à « sortir du cadre » des productions traditionnelles pour son projet d’installation, avec une prédilection pour les cultures nouvelles et un mode de production en bio. Après une formation supérieure d’ingénieur en agronomie, il a travaillé pour l’Ifremer* avant de décider de revenir travailler « au pays ». Le projet de la SCIC La Vinadie a tout de suite fait écho à son projet : souscripteur de la première heure, il a participé à l’élaboration du projet de reconquête de la vigne, et s’investit aujourd’hui au sein du conseil de surveillance dont il est vice-président.




Après avoir bénéficié du Pass Installation de la région Occitanie, il a fait l’acquisition d’une parcelle à Reyrevignes, à quelques pas de la ferme familiale exploitée par son oncle. « La préparation du terrain a représenté un gros travail », raconte Antoine. « Il a fallu retourner la terre, dépierrer, amender le sol avec du fumier de mouton et nettoyer les abords pour que la vigne prenne sa place ».

Au mois de mai, Antoine Baehr est devenu le premier vigneron indépendant à planter de la vigne sur le territoire : 1000 pieds de malbec, 1000 pieds de merlot et 600 pieds de mansois, la plupart choisis chez un pépiniériste pratiquant la sélection massale des pieds de vigne. « Cette technique consiste à choisir des greffons qui préservent la diversité génétique, à l’inverse de la sélection clonale », précise-t-il.

Antoine Baehr en est conscient : la réussite de son projet se mesurera sur le long terme. Pour cela il s’est armé de patience et d’une grande modestie. « Pour le moment je sais que je ne vais pas vivre de ma production : j’ai envie de faire partager mon travail, de prendre plaisir à faire les vendanges en famille. N’étant pas issu du monde viticole, je me forme au fur et à mesure : je lis beaucoup de revues techniques et de sites spécialisés sur Internet. Bref je me fais ma propre expérience. L’agriculture bio demande une grande gestion technique, s’appuyant à la fois sur la réflexion et l’observation : il faut se poser les bonnes questions au bon moment et s’adapter en permanence ».

Antoine Baehr vise également une autonomie maximale dans la gestion de la parcelle. Ainsi pour limiter la poussée des « mauvaises » herbes, Antoine va semer des engrais verts qui limiteront la prolifération des adventices et capteront l’azote qui nourrira les ceps. Quant aux roches extraites du champ, elles servent à l’édification d’un mur en pierres sèches qui clôturera un pan de la parcelle !

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